Je réponds oui, sans un souffle
“Masqué au fer”, Chapitre 2 - Eva Delambre
— As-tu quelque chose à dire ?
— Prenez-moi, je vous en supplie…
— Tu as envie de ma queue ?
Je réponds oui, sans un souffle, mais il ne me répond pas.
Il me doigte un long moment, des gestes connaisseurs qui attisent cette envie au plus haut point, jusqu’à ce que je le supplie encore avec des mots peut-être maladroits.
Mais je pense que c’est ce qu’il attend de moi, alors je ne m’en prive pas. J’use de mots crus comme les hommes aiment en général que je le fasse. Mais il ne me répond toujours pas.
Il ne me prend pas. Rien.
Il finit par s’éloigner en me laissant trempée et déçue et il reprend son fouet. Les coups s’accumulent. C’est vite insupportable, j’ai la sensation qu’il me lacère véritablement le dos.
J’ai envie de lui hurler d’arrêter, que c’est trop, trop fort, trop longtemps, mais je me serais mordu la langue au sang plutôt que de lui demander pitié. Bien sûr, j’y viendrai.
Bien sûr, je dois avoir envie d’en arriver là, au bout de ma douleur. Mais pas déjà. Il se rapproche de moi, il colle sa queue contre mon cul, et me parle à l’oreille, toujours de cette voix dure et autoritaire qui me fait trembler d’excitation.
« Te frapper me donne envie de te baiser, mais je ne le ferai pas. Je m’y suis engagé auprès de Karl ». Je me sens anéantie par cette annonce. J’en veux à Karl, et en même temps je comprends. Et je comprends encore plus que Hantz ne trahira jamais sa parole, et que je repartirai de là sans avoir senti sa queue entre mes cuisses.
Il reprend sa position et arme son bras. Le fouet cingle à nouveau et tombe, des coups lourds, des coups cinglants. Il s’interrompt, je n’ai pas compté le nombre de fois où le cuir a percuté ma peau. Il s’approche et se colle à moi à nouveau. Il bande.