Seli's Blog

Elle est nue, toute nue

“La brûlure de la neige”, paragraphe 3 - Françoise Rey

Elle est nue, toute nue, plus nue que lorsque sa combinaison est tombée, plus nue qu’avant le bain, ses cuisses s’ouvrent autour de son triangle mordoré, sa nudité est là, telle que je l’ai inventée cette nuit, telle que je l’ai regrettée, appelée, une fleur d’un corail vif, qui s’irise autour d’un cœur plus pâle, je vois jusqu’à ce cœur, ce petit cratère ovale de nacre humide, dans l’écrin de sa chair, délicatement feuilletée, charnue comme une pivoine. Je ferme les yeux sous la fulgurance de la vision : ma déesse tranquillement écartelée et dont l’intimité béante m’est un spectacle si torride que je vais me rendre tout de suite, c’est sûr, je sens dans mon périnée le courant électrique redouté, si je ne me retire pas derrière le store de mes paupières brûlées, si je ne me mords pas la langue jusqu’au sang, si je n’essaie pas de respirer profond avec le fond du fond de mes tripes, je vais partir en geysers anarchiques comme un collégien devant son premier porno, je vais crever de honte et de dépit, je vais mourir d’un plaisir stupide, solitaire et gâché. Qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui me prend ? Qu’est-ce que j’ai ce soir ? Dans ma torture, je sens les mains fraîches de la gosse sur ma poitrine.

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